https://drive.google.com/file/d/0B4OSt_hVPMKcQTZCOEo4N3kxUjg/view?usp=sharing
https://www.franceculture.fr/emissions/les-chemins-de-la-philosophie/cest-ton-destin-14-oedipe-roi-de-sophocle
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jeudi 29 juin 2017
dimanche 28 mai 2017
1re page du descriptif EAF 2017
Lycée
Gaston Monnerville
Année
scolaire 2016/2017
120e anniversaire de la naissance de Gaston Monnerville
https://drive.google.com/file/d/0B4OSt_hVPMKcTmZQczdSVElPRkE/view?usp=sharing
120e anniversaire de la naissance de Gaston Monnerville
https://drive.google.com/file/d/0B4OSt_hVPMKcTmZQczdSVElPRkE/view?usp=sharing
eaf 2E PAGE
Épreuves
anticipées de français, année 2017
Établissement :
Lycée Gaston Monnerville à Kourou
|
Série et classe : 1re STMG
|
Nom du candidat :
|
Manuel en usage dans la classe :
Empreintes littéraires 1re STMG
|
Nombre de textes : 12
|
Descriptif
arrêté le 30 mai 2017
Le
proviseur du lycée Gaston Monnerville
M.Czyba
Eric
Duhamel, professeur de français
3e séquence : illustration des Ames fortes
1761 .
Cette
estampe fait penser à la description que Thérèse fait de l'auberge
de Châtillon :
« C'était
une très grande auberge. Il y avait dix écuries à la file. On s'y
perdait »
« Il y avait de tout dans cette auberge : deux, quatre, cinq, six salles, même huit salles où l'on mangeait, buvait, jouait au billard. Tu descendais deux ou trois marches et tu entrais dans un petit couloir. […] Au milieu s'ouvraient de petites portes et par ces portes , alors tu entrais dans les salons. »sio
samedi 27 mai 2017
vendredi 26 mai 2017
vendredi 19 mai 2017
5e séquence : argumentation. Lecture complémentaire : J.J. Rousseau, EXPLICATION
5e séquence : argumentation. Lecture complémentaire : J.J. Rousseau, EXPLICATION
Manuel, Empreintes littéraires page 373
Jean Jacques Rousseau est un philosophe né le 28 juin 1712 et mort en 1778. Il participe activement à la rédaction de l'Encyclopédie pour les articles sur la musique. Le prétexte de ce discours est un concours del'Académie de Dijon : "Quelle est la source de l'inégalité parmi les hommes et si elle est autorisée par la loi naturelle ?". Rousseau rédige son discours de novembre 1753 à mars 1754. Ce discours est composé de deux parties : dans la première, il s'agit de "dépouiller la notion que nous avons de la nature humaine, et que nous appelons civilités" et dans la deuxième partie il s'agit " de repérer les différentes ruptures" qui ont affecté l'homme. Rupture, c'est ce que nous propose l'extrait que nous étudions. Avant l'homme était heureux et après, il est malheureux. Ce texte peut se comprendre dans son déroulement narratif.
1 Le bonheur dans la société primitive (ligne 1 à 9)
a) Les propositions subordonnées circonstancielles de temps : Tant que (x 3) situation de l'homme primitif. Situation qui dure dans le temps. le bonheur consiste à ne produire que ce dont on a besoin et de le faire soi-même.
b) activités simples et grossières
2 L'arrivée du malheur (ligne 10 à la fin)
a) La fin du bonheur marquée par une rupture : "mais dés l'instant..", "dés qu'on..."
C'est à dire dés qu'une activité demande d'associer deux personnes, dés qu'un homme peut spéculer sur les marchandises en ayant pour lui-même plus que nécessaire.
b) Conséquences : propriété, esclavage et misère.
5e séquence : argumentation. Lecture complémentaire : J.J. Rousseau, Discours sur l'origine et les fondements de l'inégalité parmi les hommes (1755)
5e séquence : argumentation. Lecture complémentaire : J.J.
Rousseau, Discours sur l'origine et les fondements de
l'inégalité parmi les hommes (1755)
Tant
que les hommes se contentèrent de leurs cabanes rustiques, tant
qu’ils se bornèrent à coudre leurs habits de peaux avec des
épines ou des arêtes, à se parer de plumes et de coquillages, à
se peindre le corps de diverses couleurs, à perfectionner ou à
embellir leurs arcs et leurs flèches, à tailler avec des pierres
tranchantes quelques canots de pêcheurs ou quelques grossiers
instruments de musique, en un mot tant qu’ils ne s’appliquèrent
qu’à des ouvrages qu’un seul pouvait faire, et qu’à des arts
qui n’avaient pas besoin du concours de plusieurs mains, ils
vécurent libres, sains, bons et heureux autant qu’ils pouvaient
l’être par leur nature, et continuèrent à jouir entre eux des
douceurs d’un commerce indépendant : mais dès l’instant qu’un
homme eut besoin du secours d’un autre ; dès qu’on s’aperçut
qu’il était utile à un seul d’avoir des provisions pour deux,
l’égalité disparut, la propriété s’introduisit, le travail
devint nécessaire, et les vastes forêts se changèrent en des
campagnes riantes qu’il fallut arroser de la sueur des hommes, et
dans lesquelles on vit bientôt l’esclavage et la misère germer et
croître avec les moissons.
lundi 15 mai 2017
5e séquence lecture complémentaire : Sartre, Les Mouches : Le sacrifice d'Iphigénie
5e séquence lecture complémentaire : Sartre, Les Mouches
: Le sacrifice d'Iphigénie
Iphigénie à qui on a fait croire qu'elle allait se marier avec Achille est conduite au sacrifice.
Iphigénie est la fille d'Agamemnon et de Clytemnestre, elle est la soeur aînée d'Oreste et d'Electre.
Iphigénie est la fille d'Agamemnon et de Clytemnestre, elle est la soeur aînée d'Oreste et d'Electre.
mercredi 10 mai 2017
Cinquième
séquence
-§-
Objet
d'étude : La question de l'Homme dans les genres de
l'argumentation,
du
XVIe siècle à nos jours
« J'ai
fait la magique étude / Du Bonheur, que nul n'élude. »
problématique :
Comment
la littérature définit-elle le bonheur ?
|
TEXTE
ÉTUDIÉ
EN LECTURE ANALYTIQUE :
✰Lucrèce,
De rerum natura, chant
2, 1er
siècle avant J.-C.,
Manuel Empreintes
littéraires p.386
|
Lectures
complémentaires :
✰Jean-Jacques
Rousseau,
Discours
sur l'origine et les fondements de l'inégalité parmi les hommes
(1755)
✰Jean-Paul
Sartre, Les Mouches, Acte II, scène 3
Aperçus culturels et littéraires :
-L'épicurisme
Aperçus culturels et littéraires :
-L'épicurisme
jeudi 4 mai 2017
quatrième séquence : l'aveu au théâtre . Lecture complémentaire n°1 Jean Racine, l'aveu de Phèdre à Oenone.
Lecture
complémentaire n° 1
Jean
Racine, Phèdre
(
1677),
l'aveu de Phèdre à
Œnone,
Phèdre,
Acte 1, scène 2, Vers 218-265.
ŒNONE
218 Quoi ? de quelques remords êtes−vous déchirée ?
Quel crime a pu produire un trouble si pressant ?
220 Vos mains n'ont point trempé dans le sang innocent.
PHÈDRE
Grâces au ciel, mes mains ne sont point criminelles.
Plût aux dieux que mon cœur fût innocent comme elles !
ŒNONE
218 Quoi ? de quelques remords êtes−vous déchirée ?
Quel crime a pu produire un trouble si pressant ?
220 Vos mains n'ont point trempé dans le sang innocent.
PHÈDRE
Grâces au ciel, mes mains ne sont point criminelles.
Plût aux dieux que mon cœur fût innocent comme elles !
ŒNONE
Et
quel affreux projet avez−vous enfanté
Dont votre cœur encor doive être épouvanté ?
PHÈDRE
Dont votre cœur encor doive être épouvanté ?
PHÈDRE
Je
t'en ai dit assez. Épargne−moi
le reste.
Je meurs, pour ne point faire un aveu si funeste.
ŒNONE
Mourez donc, et gardez un silence inhumain ;
Mais pour fermer vos yeux cherchez une autre main.
Quoiqu'il vous reste à peine une faible lumière,
230 Mon âme chez les morts descendra la première ;
Mille chemins ouverts y conduisent toujours,
Et ma juste douleur choisira les plus courts.
Cruelle, quand ma foi vous a-t-elle déçue ?
Songez-vous qu'en naissant mes bras vous ont reçue ?
Mon pays, mes enfants, pour vous j'ai tout quitté.
Réserviez−vous ce prix à ma fidélité ?
PHÈDRE
Quel fruit espères-tu de tant de violence ?
Tu frémiras d'horreur si je romps le silence.
ŒNONE
Et que me direz-vous qui ne cède, grands dieux !
240 A l'horreur de vous voir expirer à mes yeux ?
PHÈDRE
Quand tu sauras mon crime, et le sort qui m'accable,
Je n'en mourrai pas moins, j'en mourrai plus coupable.
ŒNONE
Madame, au nom des pleurs que pour vous j'ai versés,
Par vos faibles genoux que je tiens embrassés,
Délivrez mon esprit de ce funeste doute.
PHÈDRE
Tu le veux. Lève−toi.
ŒNONE
Parlez : je vous écoute.
PHÈDRE
Ciel ! que lui vais-je dire ? et par où commencer ?
ŒNONE
Par de vaines frayeurs cessez de m'offenser.
PHÈDRE
Ô haine de Vénus ! Ô fatale colère !
250 Dans quels égarements l'amour jeta ma mère !
ŒNONE
Oublions-les Madame, et qu'à tout l'avenir
Un silence éternel cache ce souvenir.
PHÈDRE
Ariane, ma sœur, de quel amour blessée
Vous mourûtes aux bords où vous fûtes laissée !
ŒNONE
Que faites-vous, Madame ? et quel mortel ennui
Contre tout votre sang vous anime aujourd'hui ?
PHÈDRE
Puisque Vénus le veut, de ce sang déplorable
Je péris la dernière et la plus misérable.
ŒNONE
Aimez-vous ?
PHÈDRE
De l'amour j'ai toutes les fureurs.
ŒNONE
260 Pour qui ?
PHÈDRE
Tu vas ouïr le comble des horreurs.
J'aime... A ce nom fatal, je tremble, je frissonne.
J'aime...
ŒNONE
Qui ?
PHÈDRE
Tu connais ce fils de l'Amazone,
Ce prince si longtemps par moi−même opprimé ?
ŒNONE
Hippolyte ? Grands dieux !
PHÈDRE
C'est toi qui l'as nommé !
ŒNONE
Juste ciel ! tout mon sang dans mes veines se glace !
Je meurs, pour ne point faire un aveu si funeste.
ŒNONE
Mourez donc, et gardez un silence inhumain ;
Mais pour fermer vos yeux cherchez une autre main.
Quoiqu'il vous reste à peine une faible lumière,
230 Mon âme chez les morts descendra la première ;
Mille chemins ouverts y conduisent toujours,
Et ma juste douleur choisira les plus courts.
Cruelle, quand ma foi vous a-t-elle déçue ?
Songez-vous qu'en naissant mes bras vous ont reçue ?
Mon pays, mes enfants, pour vous j'ai tout quitté.
Réserviez−vous ce prix à ma fidélité ?
PHÈDRE
Quel fruit espères-tu de tant de violence ?
Tu frémiras d'horreur si je romps le silence.
ŒNONE
Et que me direz-vous qui ne cède, grands dieux !
240 A l'horreur de vous voir expirer à mes yeux ?
PHÈDRE
Quand tu sauras mon crime, et le sort qui m'accable,
Je n'en mourrai pas moins, j'en mourrai plus coupable.
ŒNONE
Madame, au nom des pleurs que pour vous j'ai versés,
Par vos faibles genoux que je tiens embrassés,
Délivrez mon esprit de ce funeste doute.
PHÈDRE
Tu le veux. Lève−toi.
ŒNONE
Parlez : je vous écoute.
PHÈDRE
Ciel ! que lui vais-je dire ? et par où commencer ?
ŒNONE
Par de vaines frayeurs cessez de m'offenser.
PHÈDRE
Ô haine de Vénus ! Ô fatale colère !
250 Dans quels égarements l'amour jeta ma mère !
ŒNONE
Oublions-les Madame, et qu'à tout l'avenir
Un silence éternel cache ce souvenir.
PHÈDRE
Ariane, ma sœur, de quel amour blessée
Vous mourûtes aux bords où vous fûtes laissée !
ŒNONE
Que faites-vous, Madame ? et quel mortel ennui
Contre tout votre sang vous anime aujourd'hui ?
PHÈDRE
Puisque Vénus le veut, de ce sang déplorable
Je péris la dernière et la plus misérable.
ŒNONE
Aimez-vous ?
PHÈDRE
De l'amour j'ai toutes les fureurs.
ŒNONE
260 Pour qui ?
PHÈDRE
Tu vas ouïr le comble des horreurs.
J'aime... A ce nom fatal, je tremble, je frissonne.
J'aime...
ŒNONE
Qui ?
PHÈDRE
Tu connais ce fils de l'Amazone,
Ce prince si longtemps par moi−même opprimé ?
ŒNONE
Hippolyte ? Grands dieux !
PHÈDRE
C'est toi qui l'as nommé !
ŒNONE
Juste ciel ! tout mon sang dans mes veines se glace !
quatrième séquence : l'aveu au théâtre.
Lycée
G. Monnerville (Kourou)
1re
STMG
Quatrième
séquence
-§-
Objet
d'étude : Le texte théâtral et sa représentation, du XVIIe
siècle à nos jours
- Quelles formes prend l'aveu au théâtre ?
*
TEXTE
ÉTUDIÉ
EN LECTURE ANALYTIQUE :
Texte
1 :
L'aveu de Chérubin, Le
Mariage de Figaro, Acte
II - Scène 6,
scène 7, scène
8
et scène
9,
Manuel,
Empreintes
littéraires,
pp. 190
et 191
|
*activités
Les
élèves ont visionné en totalité Le
Mariage de Figaro,
filmé à la Comédie française
et
des extraits significatifs de
Phèdre, mise en scène
de Patrice Chéreau et filmée par Stéphane Metge
*
Etudes d'ensemble :
-Le
siècle des Lumières
*
Lectures complémentaires :
-Jean
Racine, Phèdre
(
1677), l'aveu
de Phèdre à Œnone,
Phèdre,
Acte 1, scène 2 (Vers 218-265),
Manuel,
Empreintes
littéraires,
pp. 190
et 191.
- Bernard-Marie
Koltès,
Roberto Zucco,
(1990),
scène 3, Manuel,
Empreintes
littéraires,
pp. 198
et 199.
-Sophocle,
Œdipe Roi, L'aveu de Tirésias, Manuel,
Empreintes
littéraires, pp.
200 et 201.
cinquième séquence : définition du Bonheur. Lecture complémentaire n°2, Jean-Paul Sartre, Les Mouches, acte II, scène 3
Cinquième séquence : définition du Bonheur. Lecture complémentaire n°2.
Texte 3 : Jean-Paul Sartre,Acte II, scène 3,
Les
Mouches (1943)
Électre :
Comment osez-vous parler d’Agamemnon ? Savez-vous s’il ne
vient pas la nuit me parler à l’oreille ? Savez-vous quels
mots d’amour et de regret sa voix rauque et brisée me chuchote ?
Je ris, c’est vrai, pour la première fois de ma vie, je ris, je
suis heureuse. Prétendez-vous que mon bonheur ne réjouit pas le
cœur de mon père ? Ah ! s’il est là, s’il voit sa
fille en robe blanche, sa fille que vous avez réduit au rang abject
d’esclave, s’il voit qu’elle porte le front haut et que le
malheur n’a pas abattu sa fierté, il ne songe pas, j’en suis
sûre, à me maudire ; ses yeux brillent dans son visage
supplicié et ses lèvres sanglantes essaient de sourire.
La
jeune femme :
Et si elle disait vrai ?
Des
voix : Mais non, elle ment, elle est folle. Électre,
va-t’en, de grâce, sinon ton impiété retombera sur nous.
Électre :
De quoi donc avez-vous peur ? Je regarde autour de vous et je ne
vois que vos ombres. Mais écoutez ceci que je viens d’apprendre et
que vous ne savez peut-être pas : il y a en Grèce des villes
heureuses. Des villes blanches et calmes qui se chauffent au soleil
comme des lézards. À cette heure même, sous ce même ciel, il y a
des enfants qui jouent sur les places de Corinthe. Et leurs mères ne
demandent point pardon de les avoir mis au monde. Elles les regardent
en souriant, elles sont fières d’eux. Ô mères d’Argos,
comprenez-vous ? Pouvez-vous encore comprendre l’orgueil d’une
femme qui regarde son enfant et qui pense : « C’est moi
qui l’ai porté dans mon sein ?
Égisthe : Tu
vas te taire, à la fin, ou je ferai rentrer les mots dans ta gorge.
Des
voix (dans la foule) : Oui ! Oui !
Qu’elle se taise. Assez, assez !
D’autres
voix : Non, laissez-la parler ! Laissez-la parler.
C'est Agamemnon qui l'inspire.
Électre :
Il fait beau. Partout, dans la plaine, des hommes lèvent la tête et
disent : « Il fait beau », et ils sont contents. Ô
bourreaux de vous-mêmes, avez-vous oublié cet humble contentement
du paysan qui marche sur sa terre et qui dit : « Il fait
beau » ? Vous voilà les bras ballants, la tête basse,
respirant à peine. Vos morts se collent contre vous, et vous
demeurez immobiles dans la crainte de les bousculer au moindre geste.
Ce serait affreux, n'est-ce pas ? Si vos mains traversaient
soudain une petite vapeur moite, l'âme de votre père ou de votre
aïeul ? — Mais regardez-moi : j'étends les bras,
je m'élargis, et je m'étire comme un homme qui s'éveille, j'occupe
ma place au soleil, toute ma place. Est-ce que le ciel me tombe sur
la tête ? Je danse, voyez, je danse, et je ne sais rien que le
souffle du vent dans mes cheveux. Où sont les morts ?
Croyez-vous qu'ils dansent avec moi, en mesure ?
Le
grand prêtre : Habitants d'Argos, je vous dis que cette
femme est sacrilège. Malheur à elle et à ceux d'entre vous qui
l'écoutent.
Électre : Ô
mes chers morts, Iphigénie, ma sœur aînée, Agamemnon, mon père
et mon seul roi, écoutez ma prière. Si je suis sacrilège, si
j'offense vos mânes douloureux, faites un signe, faites-moi vite un
signe, afin que je le sache. Mais si vous m'approuvez, mes chéris,
alors taisez-vous, je vous en prie, que pas une feuille ne bouge, pas
un brin d'herbe, que pas un bruit ne vienne troubler ma danse
sacrée : car je danse pour la joie, je danse pour la paix des
hommes, je danse pour le bonheur et pour la vie. Ô mes morts, je
réclame votre silence, afin que les hommes qui m'entourent sachent
que votre cœur est avec moi.
Elle
danse.
cinquième séquence : Définition du bonheur lecture complémentaire n°:1 J.J.Rousseau, Discours sur l'origine et les fondements de l'inégalité parmi les hommes
Lecture complémentaire n°1 : Jean-Jacques Rousseau,
Discours sur l'origine et
les fondements de l'inégalité parmi les hommes
(1755)
Tant
que les hommes se contentèrent de leurs cabanes rustiques, tant
qu’ils se bornèrent à coudre leurs habits de peaux avec des
épines ou des arêtes, à se parer de plumes et de coquillages, à
se peindre le corps de diverses couleurs, à perfectionner ou à
embellir leurs arcs et leurs flèches, à tailler avec des pierres
tranchantes quelques canots de pêcheurs ou quelques grossiers
instruments de musique, en un mot tant qu’ils ne s’appliquèrent
qu’à des ouvrages qu’un seul pouvait faire, et qu’à des arts
qui n’avaient pas besoin du concours de plusieurs mains, ils
vécurent libres, sains, bons et heureux autant qu’ils pouvaient
l’être par leur nature, et continuèrent à jouir entre eux des
douceurs d’un commerce indépendant : mais dès l’instant qu’un
homme eut besoin du secours d’un autre ; dès qu’on s’aperçut
qu’il était utile à un seul d’avoir des provisions pour deux,
l’égalité disparut, la propriété s’introduisit, le travail
devint nécessaire, et les vastes forêts se changèrent en des
campagnes riantes qu’il fallut arroser de la sueur des hommes, et
dans lesquelles on vit bientôt l’esclavage et la misère germer et
croître avec les moissons.
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