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lundi 10 juin 2019

2e séquence : la rencontre amoureuse en poésie : Le Symbolisme, Le Romantisme, la Pléiade


LE SYMBOLISME : dernier quart du XIXème
Caractéristiques, principes :
Le symbolisme est un mouvement de la fin du XIXème. Contrairement au naturalisme qui prétend représenter la réalité telle qu’elle est, bien visible, le symbolisme soutient que l’essentiel est invisible c’est la théorie des correspondances. (Théorie philosophique et poétique selon laquelle des liens mystérieux existent entre le monde invisible et le monde visible, entre l’intérieur de l’être humaine et l’univers extérieur, entre les diverses sensations qui renvoient à une même réalité spirituelle.) Les poètes symbolistes développent un goût pour le mysticisme et la voyance, ils recherchent la nuance et le travail de la mélodie. C’est une poésie intellectuelle.

Genres et registres dominant : La poésie
Thématiques :
L’inconnaissable ; Le spleen ; Le voyage ; La ville, la modernité ; L’idéal, l’absolu
Auteurs et œuvres clés :
Baudelaire, les Fleurs du Mal (1857)
Verlaine, Romances sans paroles (1874)
Rimbaud, Illuminations (1886)
Mallarmé, Poésies complètes (1887)
Apollinaire, Alcools (1913)


LE ROMANTISME : première moitié du XIXème
Caractéristiques, principes :
Le romantisme est un mouvement artistique et intellectuel de la fin du XVIIIème siècle, qui se développe par réaction contre la régularité classique jugée trop rigide et le rationalisme philosophique des siècles antérieurs. Le romantisme est caractérisé par la revendication des poètes, du «je » et du « moi », ainsi que par l’expression du génie individuel, l’imagination et la sensibilité. Les littéraires romantiques ont un goût pour l’exotisme, le mystère et le surnaturel.
En poésie, le romantisme est défini par la libération du vers, alors que dans les drames romantiques, les genres sont mélangés
Genres et registres dominant :
- Poésie lyrique et épique ; - Drame romantique ; - Conte fantastique ; - Roman
Thématiques :
- La culture du moi, la solitude, la nature, le mal du siècle, le sentiment religieux, le passé
- La passion ; - L’engagement politique
Auteurs et œuvres clés :
- Chateaubriand, Génie du christianisme (1802)
- Lamartine, Méditations poétiques (1820)
- Hugo, Hernani (1830), Les Châtiments (1853), Les Contemplations (1856)
Manifeste :

Hugo, « préface de Cromwell » (1827)

LA PLÉIADE : XVIe siècle


Caractéristiques, principes :
D’abord nommé « Brigade », la Pléiade, est un groupe de sept poètes français rassemblés autour de Ronsard. Leur nom est emprunté à sept autres poètes de l’Antiquité (Alexandrie, IIIème siècle) qui avaient eux aussi choisi le nom de cette constellation pour se désigner. Outre Ronsard, la Pléiade regroupe Joachim du Bellay, Guillaume des Autels, Pontus de Tyard, Jacques Peletire du Mans, Remy Belleau, Jean Dorat, Antoine de Baïf, Jean de la Péruse.
Les membres de la Pléiade cherchent à rompre avec la poésie médiévale et à exercer leur art en français. Ils ont un réel intérêt pour la langue française. Toutefois, celle-ci leur semble trop pauvre. Ils décident donc de l’enrichir par la création de néologismes. Ils défendent l’imitation des auteurs greco-latin et imposent les modèles antiques, ode, élégie. De plus grâce à eux le sonnet remporte un franc succès.

Genres et registres dominant : la Poésie lyrique

Thématiques :
L’amour, la jeunesse, la beauté ; La fuite du temps ; La nature

Œuvres et auteurs clés :
Ronsard, Les Amours (1552)
Du Bellay, Les Regrets (1558)

mercredi 6 février 2019

3e Séquence Victor Hugo, Hernani (1830) COMMENTAIRE DU TEXTE 2


Introduction :
Contextualisation : V. Hugo = chef de file du romantisme français qui a théorisé un nouveau genre, le drame romantique, dans une préface à la pièce Cromwell (1827).
Hernani = scandale, car drame à l’encontre de toutes les règles classiques du théâtre : mélange de tragique et de comique, de sublime et de grotesque.
Texte : exposition de la pièce. Scène 3 du premier acte : deux personnages masculins ennemis, le roi don Carlos et Hernani, chez la femme qu’ils aiment tous les deux, doña Sol.
Projet de lecture : Par quels moyens V. Hugo présente-t-il ses personnages de façon originale ?
Partie I. Le retournement de situation
1er §. Un danger supposé (v. 275 277) : Ex. : structure ternaire des armes portées par don Ruy Gomez (« Ma hache, mon poignard, ma dague de Tolède », v. 276).
2e §. L’annonce de la mort de l’empereur (v. 278-279, 282) : Ex. : valorisation de la nouvelle par l’allitération en [m], « la mort / De Maximilien, empereur d’Allemagne ».
3e §. La reconnaissance des personnages didascalies :+ la façon dont chaque personnage reconnaît « le roi » (v. 280)
Ex. : possible comique de geste dans l’attitude effarouchée du roi.
Partie II. Une situation tragique rendue comique
1er §. Un branle-bas de combat excessif (v.275-277 + 3e didascalie + v. 288-290) Ex. : réactions conjointes et dramatisées de tous les personnages. Impression d’un portrait de groupe très dynamique.
2e §. Un prétexte pour cacher une scène de vaudeville :(v. 277,5-278, 287, 291) Ex. : au vers 291, le contraste entre l’ apostrophe « Altesse » et le nom « L’apparence » révèle la situation grotesque dans laquelle se retrouve le roi.
3e §. Don Ruy Gomez ridiculisé par le roi (v. 281-286) Ex. : antithèse entre « bien simple » et « bien du bruit » (v. 286) marquée par la répétition de l’adverbe « bien ».
Conclusion
Bilan : exposition originale avec basculement dans le genre et le registre de la pièce.
Ouverture : Cette pièce évoluera-t-elle vers la comédie ou vers la tragédie ?


2e séquence La rencontre amoureuse en poésie : grille d'analyse du texte 1 "Elle était déchaussée..."

Citations
procédés
analyses
« déchaussée » « décoiffée » (V1)
paronomase
Fait penser à une comptine
« Elle » x 2 (v1), (V5), (v9), (v10)
Pronom personnel 3e pers.anaphore
Pas de référent précis : anonymat  Portrait d'une inconnue et qui ne donnera jamais son nom
« Elle était déchaussée, // elle était décoiffée, » V1
« Ses cheveux dans ses yeux, // et riant au travers. » V16


Césure : sépare l'alexandrin en 2 hémistiches de 6 syllabes
Même remarque
Le premier vers et le dernier vers montrent le calme et la détermination du poète.
Elle était déchaussée, // elle était décoiffée,
Assise,/ les pieds nus,// parmi les joncs penchants ;
Moi qui passais par là, //je crus voir une fée,
Et je lui dis:/ Veux-tu// t'en venir dans les champs ?


5 Elle me regarda //de ce regard suprême
Qui reste à la beauté //quand nous en triomphons,
Et je lui dis : / Veux-tu, // c'est le mois où l'on aime,
Veux-tu nous en aller// sous les arbres profonds ?

Elle essuya ses pieds //à l'herbe de la rive ;
10 Elle me regarda //pour la seconde fois,
Et la belle folâtre// alors devint pensive.
Oh ! /comme les oiseaux //chantaient au fond des bois !

Comme l'eau caressait //doucement le rivage !
Je vis venir à moi, //dans les grands roseaux verts,
15 La belle fille heureuse, //effarée et sauvage,
Ses cheveux dans ses yeux, // et riant au travers.
6 + 6
3+3+6
6+6
4+2+6


6+6
6+6
4+2+6
6+6


6+6
6+6
6+6
6+6


6+6
6+6
6+6
6+6


Très forte perturbation dans le premier quatrain et au vers n°7
ensuite la tension baisse pour atteindre l’harmonie, l’apaisement.


Rimes alternées


alexandrin : poème isométrique




était déchaussée était décoiffée passais caressait
Verbes à l’imparfait
l’imparfait crée une certaine nostalgie d’un temps révolu
« Déchaussée, décoiffées » (V1), pieds nus » (V2)
3 adjectifs
Donnent un caractère sensuel à la scène. Peu de description de la jeune fille. Ce qui permet au lecteur de lui donner le visage qu'il souhaite
« assise » « parmi les joncs penchant »
Notations spatiales
Tout porte à croire qu’ »elle » tourne le dos au poète, assise sur le bord de la rive, les pieds dans l’eau. Elle tourne la tête lors du 1er appel du poète, se lève au second et se dirige vers le poète.
« penchant »
Participe présent : ce n’est pas un adjectif verbal : les joncs agissent
Les joncs sont personnifiés : ils s'inclinent devant la « belle fille ».
« les joncs »(V2), « roseaux verts » (V14)
Nom commun , sujet de penchant
Nom donné à des plantes à tige droite et flexible, qui croissent ordinairement le long des eaux, ou même dans l’eau, 
« Moi », « je » x 4
Pronom personnel 1re pers.
Désignent le poète. C'est un narrateur-personnage (le poète). Le point de vue est donc interne.
«  passais » (V3)
imparfait
Le poète est présenté comme un promeneur
Pieds Parmi Penchant Passais Par
Allitération en P
Est-ce la forme des joncs ou le bruit des pas ?
Allitération visuelle ou sonore ?
« Et je lui dis : veux-tu » (V7)
Anaphore (répétition d'un ou d'un groupe de mots en début de vers)
Insistance du poète
TU - T'
Tutoiement amoureux
Pas de voussoiement, le poète est tout de suite sur le même plan.
« regarda de ce regard » (v5)
Un polyptote (emploi de plusieurs formes grammaticales d'un même mot)
Jeu de regard : la séduction passe par le regard.
Une fée (v3)
Nom féminin.
Personnage féminin imaginaire dotée de pouvoirs magiques et censée influer sur le monde des vivants.
« Je crus voir une fée », « elle me regarda » X2 , « je vis venir »
regard
Insistance sur le regard comme vecteur de la rencontre amoureuse. Le champ lexical du regard contribue à mettre en valeur la fascination réciproque des deux personnages
« Joncs, champs, arbres, l'herbe de la rive, oiseaux, bois, l'eau, roseaux verts »
Champ lexical de la nature
Il s'agit d'une scène printanière : toute trace de civilisation a disparu
triomphons
Vocabulaire militaire
Victoire amoureuse annoncée
« le mois où l'on s'aime » (v7)
périphrase
Peut-être le mois de mai. C'est une justification donnée à l'amour
« veux-tu nous en aller »
Pronom pluriel + verbe infinitif
Donne l'impression que la jeune fille agit. La poésie est au ras de la prose et introduit des éléments du langage courant. C'est une rupture caractéristique de l'esprit de liberté du Romantisme.
« Parmi les joncs penchant », « au fond des bois », « arbres profonds »
ccl
La nature accueille et dissimule les amoureux
Regard suprême
adjectif
amplification
Elle essuya ses pieds à l'herbe de la rive


Semble sortir de l'eau telle Vénus
L'eau caressait
VERBE conjugué à l'imparfait
Personnification de la nature
La belle folâtre la belle fille heureuse
périphrase
mystérieuse
Et je lui dis x2


Le poète est maître de la parole
« Vis Venir Verts » (V14) / « Fille eFFarée » (V15)
Allitération en [V] et en [F], consonnes fricatives
qui produisent comme un doux son de frottement, celui des pas de la « fille »
« effarée »
Adjectif féminin
Qui manifeste un grand trouble moral, un étonnement mêlé d'effroi.
A remarquer que ce terme s’emploie également en héraldique pour un cheval en position cabrée
«La belle fille heureuse, » V15
enjambement
Mime le rapprochement de la « belle fille » vers le poète.
La belle fille heureuse, //effarée et sauvage,
Ses cheveux dans ses yeux,
Allitération en [S]
Pourquoi pas ses cheveux dans les yeux ? A part la redondance, probablement pour créer une allitération en [S] qui imite le bruit des cheveux qui balaient son visage.

2e séquence La rencontre amoureuse en poésie : texte 1 Victor Hugo, « Elle était déchaussée »





Texte N°1 : Victor Hugo, « Elle était déchaussée »,
Les Contemplations (1856)





1   Elle était déchaussée, elle était décoiffée,
     Assise, les pieds nus, parmi les joncs penchants ;
     Moi qui passais par là, je crus voir une fée,
     Et je lui dis : Veux-tu t'en venir dans les champs ?

5   Elle me regarda de ce regard suprême
     Qui reste à la beauté quand nous en triomphons,
     Et je lui dis : Veux-tu, c'est le mois où l'on aime,
     Veux-tu nous en aller sous les arbres profonds ?

     Elle essuya ses pieds à l'herbe de la rive ;
10 Elle me regarda pour la seconde fois,
     Et la belle folâtre alors devint pensive.
     Oh ! comme les oiseaux chantaient au fond des bois !

     Comme l'eau caressait doucement le rivage !
     Je vis venir à moi, dans les grands roseaux verts,
15 La belle fille heureuse, effarée et sauvage,
     Ses cheveux dans ses yeux, et riant au travers.


Mont.-l'Am., juin 183...

3e Séquence Victor Hugo, Hernani (1830) Texte 1 : scène d'exposition Acte I, scène 1 : introduction et plan


       Après avoir vu sa pièce de théâtre, Marion de Lorme, refusée par la censure de Brifaut, sous le gouvernement de Charles X, Victor Hugo écrit une nouvelle pièce du 29 août au 24 septembre 1829. Il l’intitule Hernani en souvenir d’une ville espagnole où il passa enfant. Cette pièce est reçue par acclamation à la Comédie-Française et réussit son passage à la censure. Brifaut espère que le public s’en chargera. Le 25 février 1830 est le jour de la première. Dans la salle, deux camps se font face : d’une part les jeunes romantiques emmenés par Théophile Gautier, Alexandre Dumas, Vigny, Nerval et d’autres, de l’autre un public plus âgé, habitué à la tragédie classique. Hernani expose la convoitise de trois hommes pour une femme Dona Sol. « Tres para una » était le premier sous-titre envisagé par Hugo. De ces trois hommes : le vieux Don Ruy Gomes, oncle et futur époux de Dona Sol, Don Carlos, sorte de Dom Juan et accessoirement roi d’Espagne, seul Hernani, le bandit trouve grâce aux yeux de Dona Sol. Don Carlos entre en scène dans la scène 1, Hernani dans la scène 2 et Don Ruy dans la scène 3. La scène 1 est la scène d’exposition, « elle doit contenir les semences de tout ce qui doit arriver » écrit Corneille dans son traité du discours dramatique. Il s’agit donc de fournir toutes les informations nécessaires à la compréhension de l’intrigue, de procurer une entrée la plus immédiate possible dans l’action déjà en cours et de captiver le spectateur/lecteur afin de lui donner envie de connaître la suite. Dans quelle mesure la scène 1 de l’acte I d’Hernani, qui est un dialogue animé entre don Carlos, dont l’identité est masquée, et la duègne, dona Josepha, remplit-elle la fonction classique de la scène d’exposition ? En quoi est-elle originale ? Nous verrons tout d’abord comment les fonctions de cette scène d’exposition sont remplies puis ensuite nous insisterons sur sa spécificité.

I Une scène d’exposition classique :
a) situation :lieu, nom des personnages
b)intrigue : trois prétendants, dévoilement et horizon d’attente
c) registre comique : caractère, situation et mots

II Originalité
a) la langue : alexandrin désarticulé, prosaïsme de la langue
b) atmosphère mystérieuse : rendez-vous nocturne, porte et escalier dérobé, personnage déguisé
c) un roi dom Juan