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lundi 10 juin 2019

2e séquence : la rencontre amoureuse en poésie : Le Symbolisme, Le Romantisme, la Pléiade


LE SYMBOLISME : dernier quart du XIXème
Caractéristiques, principes :
Le symbolisme est un mouvement de la fin du XIXème. Contrairement au naturalisme qui prétend représenter la réalité telle qu’elle est, bien visible, le symbolisme soutient que l’essentiel est invisible c’est la théorie des correspondances. (Théorie philosophique et poétique selon laquelle des liens mystérieux existent entre le monde invisible et le monde visible, entre l’intérieur de l’être humaine et l’univers extérieur, entre les diverses sensations qui renvoient à une même réalité spirituelle.) Les poètes symbolistes développent un goût pour le mysticisme et la voyance, ils recherchent la nuance et le travail de la mélodie. C’est une poésie intellectuelle.

Genres et registres dominant : La poésie
Thématiques :
L’inconnaissable ; Le spleen ; Le voyage ; La ville, la modernité ; L’idéal, l’absolu
Auteurs et œuvres clés :
Baudelaire, les Fleurs du Mal (1857)
Verlaine, Romances sans paroles (1874)
Rimbaud, Illuminations (1886)
Mallarmé, Poésies complètes (1887)
Apollinaire, Alcools (1913)


LE ROMANTISME : première moitié du XIXème
Caractéristiques, principes :
Le romantisme est un mouvement artistique et intellectuel de la fin du XVIIIème siècle, qui se développe par réaction contre la régularité classique jugée trop rigide et le rationalisme philosophique des siècles antérieurs. Le romantisme est caractérisé par la revendication des poètes, du «je » et du « moi », ainsi que par l’expression du génie individuel, l’imagination et la sensibilité. Les littéraires romantiques ont un goût pour l’exotisme, le mystère et le surnaturel.
En poésie, le romantisme est défini par la libération du vers, alors que dans les drames romantiques, les genres sont mélangés
Genres et registres dominant :
- Poésie lyrique et épique ; - Drame romantique ; - Conte fantastique ; - Roman
Thématiques :
- La culture du moi, la solitude, la nature, le mal du siècle, le sentiment religieux, le passé
- La passion ; - L’engagement politique
Auteurs et œuvres clés :
- Chateaubriand, Génie du christianisme (1802)
- Lamartine, Méditations poétiques (1820)
- Hugo, Hernani (1830), Les Châtiments (1853), Les Contemplations (1856)
Manifeste :

Hugo, « préface de Cromwell » (1827)

LA PLÉIADE : XVIe siècle


Caractéristiques, principes :
D’abord nommé « Brigade », la Pléiade, est un groupe de sept poètes français rassemblés autour de Ronsard. Leur nom est emprunté à sept autres poètes de l’Antiquité (Alexandrie, IIIème siècle) qui avaient eux aussi choisi le nom de cette constellation pour se désigner. Outre Ronsard, la Pléiade regroupe Joachim du Bellay, Guillaume des Autels, Pontus de Tyard, Jacques Peletire du Mans, Remy Belleau, Jean Dorat, Antoine de Baïf, Jean de la Péruse.
Les membres de la Pléiade cherchent à rompre avec la poésie médiévale et à exercer leur art en français. Ils ont un réel intérêt pour la langue française. Toutefois, celle-ci leur semble trop pauvre. Ils décident donc de l’enrichir par la création de néologismes. Ils défendent l’imitation des auteurs greco-latin et imposent les modèles antiques, ode, élégie. De plus grâce à eux le sonnet remporte un franc succès.

Genres et registres dominant : la Poésie lyrique

Thématiques :
L’amour, la jeunesse, la beauté ; La fuite du temps ; La nature

Œuvres et auteurs clés :
Ronsard, Les Amours (1552)
Du Bellay, Les Regrets (1558)

2e séquence : la rencontre amoureuse en poésie : le statut du poète


La représentation que le poète livre de lui-même

Depuis l’Antiquité, le poète, placé sous l’égide d’Apollon, est considéré comme un messager divin, un médiateur entre les dieux et les hommes. Son don de voyance lui donne la capacité de déchiffrer le monde et parfois même de le contrôler, à l’image d’Orphée, le Prince des poètes au chant enchanteur.Cette image du poète prophète perdure au fil des siècles. Au XVIe siècle, Du Bellay évoquait cette « honnête flamme au peuple non commune ». À l’époque romantique, Victor Hugo est l’« esprit d’une autre sphère », à la fois « prêtre » et « pâtre ». Rimbaud veut « se faire voyant », « voleur de feu » à l’égal de Prométhée. La question se pose alors du caractère divin du poète et de son intégration à la société. Tour à tour admiré, méprisé, envié ou exclu, le poète trouve refuge dans la solitude et l’écriture.Pourtant, l’engagement politique et social des poètes se manifeste dès le XVIe siècle. Ronsard, poète de la Pléiade, et le baroque Agrippa d’Aubigné composent des vers satiriques contre les guerres de religion. Au XIXe siècle, par Les Châtiments, Victor Hugo s’insurge contre Napoléon III. Les surréalistes expriment leur amour fou dans un contexte désastreux de guerre mondiale…Le poète endosse donc diverses fonctions, à caractère sacré et social. Comment expriment-ils cette ambivalence ? Quelle représentation donnent-ils d’eux-mêmes ? Entre Baudelaire, le maudit, et Mallarmé en quête d’un langage céleste, les images abondent et se contredisent.


lundi 29 octobre 2018

2e séquence Rencontre amoureuse en poésie : textes complémentaire Ronsard, "Comme un chevreuil"


Texte complémentaire destiné à l’entretien

Pierre de Ronsard, « Comme un Chevreuil »,
Amours de Cassandre (1552)


1      Comme un Chevreuil, quand le printemps détruit
        Du froid hiver la poignante gelée,
        Pour mieux brouter l
a feuille emmiellée
4      Hors de son bois avec l’Aube s’enfuit,

        Et seul, et sûr, loin de chiens et de bruit,
        Or, sur un mont, or dans une vallée,
        Or près d’une onde à l’écart recelée,
8      Libre, folâtre, où son pied le conduit,

        De rets ni d’arc sa liberté n’a crainte,
        Sinon alors que sa vie est atteinte
        D’un trait meurtrier empourpré de son sang.

12   Ainsi j’allais sans espoir de dommage,
       Le jour qu’un œil sur l’avril de mon âge
       Tira d’un coup mille traits dans mon flanc.



lundi 5 février 2018

Séquence : la place et la fonction du poète dans la société. Charles Baudelaire, "L'Albatros"





1  Souvent, pour s'amuser, les hommes d'équipage
    Prennent des albatros, vastes oiseaux des mers,
    Qui suivent, indolents compagnons de voyage,
    Le navire glissant sur les gouffres amers.

5  A peine les ont-ils déposés sur les planches,
    Que ces rois de l'azur, maladroits et honteux,
    Laissent piteusement leurs grandes ailes blanches
    Comme des avirons traîner à côté d'eux.

    Ce voyageur ailé, comme il est gauche et veule !
10 Lui, naguère si beau, qu'il est comique et laid !
     L'un agace son bec avec un brûle-gueule,
     L'autre mime, en boitant, l'infirme qui volait !

     Le Poète est semblable au prince des nuées
     Qui hante la tempête et se rit de l'archer ;
15  Exilé sur le sol au milieu des huées,
     Ses ailes de géant l'empêchent de marcher.

Charles Baudelaire, "L'Albatros",  Les Fleurs du Mal (1857)

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Questions possibles au bac :
Comment justifiez-vous le rapprochement entre le poète et l'albatros ?
Quels sentiments sont exprimés à l'égard de l'albatros et pourquoi ?
De quelles façons Baudelaire met-il en valeur le génie du poète ?

dimanche 4 février 2018

Symbolisme

Le symbolisme

Que veut dire Symbolisme ?
 Si l’on tient au sens étroit et étymologique presque rien ; si l’on passe outre, cela peut vouloir dire : individualisme en littérature, liberté de l’art, abandon des formules enseignées, tendance vers
ce qui est nouveau, étrange et même bizarre ; cela peut vouloir dire aussi idéalisme, dédain de l’anecdote sociale, antinaturalisme. 
                                                                                                                      Remy de Gourmont, Le Livre des masques, Mercure de France, 1896.

Revenons pour commencer à l’étymologie du mot « symbolisme ». Le symbolon grec est un objet coupé en deux parties qui visent à être réunies, comme un médaillon coupé en deux de manière irrégulière : deux personnes qui ne se connaissent pas et auxquelles on donne une partie se réunissent ainsi grâce à l’objet, marque de reconnaissance. De là naît l’idée d’analogie tout d’abord, puisque derrière le symbole concret se trouve une reconnaissance abstraite, et l’idée d’un lien crypté, qui nécessite une connaissance particulière. L’un des sens premiers du symbolisme est en effet la
conception d’un monde crypté, d’une poésie également codée, que le lecteur doit déchiffrer pour la comprendre et accéder à une révélation supérieure.
Comme presque tous les mouvements littéraires et culturels, le symbolisme se construit en opposition aux mouvements qui le précèdent, le naturalisme et le Parnasse. On a vu dans les séances précédentes
combien la défaite de 1870 et, surtout, l’épisode sanglant de la Commune parisienne ont marqué Arthur Rimbaud. Ces événements bouleversent toute la jeunesse parisienne lettrée et le monde
artistique plus largement encore. Les poètes se reconnaissent dans leur contestation radicale du pouvoir et de la littérature de l’époque, et de nombreux mouvements provocateurs aux noms explicites se constituent, tels les Fumistes, les Jemenfoutistes, les Hydropathes ou encore les Zutistes de Charles Cros, auquel Verlaine se rallie et qu’Arthur Rimbaud rejoint lors de sa fugue parisienne. Les artistes se réunissent le plus souvent au Chat-Noir, à Montmartre, et, dans des soirées embrumées par l’alcool et la cigarette, improvisent des joutes poétiques, échangent leurs textes, écrivent à plusieurs mains. On retrouve cette effervescence dans L’Album zutique de Verlaine et Rimbaud, au ton volontiers outrancier et humoristique.

Un mouvement aux contours peu définis Je dis : une fleur ! et, hors de l’oubli où ma voix relègue
aucun contour, en tant que quelque chose d’autre que les calices sus, musicalement se lève, idée rieuse ou altière, l’absente de tous bouquets.
                                                                                                                             Stéphane Mallarmé, Avant-dire au Traité du Verbe, 1886.

C’est Jean Moréas qui, en 1866, définit le symbolisme dans un manifeste littéraire adressé au Figaro, mais le texte théorique le plus célèbre du mouvement reste L’Avant-dire de Stéphane Mallarmé, qui
précède le Traité du verbe de René Ghil (1886). En classe, on établit les caractéristiques du symbolisme, en reprenant cette citation de Mallarmé et la défi nition de Remy de Gourmont.
« Liberté de l’art » La recherche formelle des symbolistes les conduit à refuser les règles strictes de la versifi cation codifi ée. Verlaine, dans son « Art poétique », écrit « De la musique avant toute chose », et cette musicalité nouvelle de la poésie passe par l’abandon progressif du vers classique au profit du vers libre puis du poème en prose, qui seront largement utilisés par Rimbaud dans les recueils postérieurs aux Cahiers de Douai. 

« L’absente de tous bouquets »
Il faut « donner un sens plus pur aux mots de la tribu », selon Mallarmé. Les poètes symbolistes s’intéressent d’une manière nouvelle aux mots : leur signifi cation devient moins importante que
leur force évocatrice, liée, par exemple, aux sentiments provoqués par leur sonorité. On relève dans la citation de Mallarmé l’adverbe « musicalement » : l’idée doit être musique.
        « Dédain de l’anecdote sociale »
Les poètes symbolistes, contestant les valeurs matérielles de la bourgeoisie, refusent la trivialité du monde réel. Les sujets sont d’ordre mystique, reprennent les légendes médiévales, voire s’éloignent vers des questions d’ordre métaphysique. Le refus de la platitude de la société trouve son expression la plus emblématique dans l’oeuvre de Huysmans À rebours, et Des Esseintes est l’incarnation
de ce dandy fin de siècle qui se réfugie dans un esthétisme total.

« Tendance vers ce qui est nouveau, étrange et même bizarre » 


Les exigences poétiques, formelles et sémantiques aboutissent à ce « bizarre », caractéristique du symbolisme. Les oeuvres poétiques, parce qu’elles donnent à lire un monde crypté et mystérieux,
sont parfois indéchiff rables. On pense alors au « Sonnet en yx » de Mallarmé, qui écrit à son sujet : « Le sens, s’il y en a un (mais je me consolerais du contraire). » Un lien se fait avec les termes de la lettre dite du « Voyant » de Rimbaud : « Le Poète se fait voyant par un long, immense et raisonné dérèglement de tous les sens. »

      Vers le déclin

 Le symbolisme connaît son apogée entre 1880 et 1890, et le mouvement s’étend alors à d’autres arts que la poésie, jusque-là moyen d’expression privilégié. Les nouvelles fantastiques de Villiers de L’Isle-Adam, d’Edgar Allan Poe et de Barbey d’Aurevilly prolongent
ce mouvement poétique en retrouvant les caractéristiques littéraires d’un de ses prédécesseurs, Gérard de Nerval. L’onirisme, le médiéval, le gothique se mêlent dans une écriture poétique du secret. La musique et la peinture sont également influencées par cet esthétisme, comme on l’a étudié dans les séances précédentes avec La Naissance de Vénus d’Odilon Redon, ou encore La Danse macabre
de Camille Saint-Saëns. Mais le tournant du siècle voit apparaître d’autres préoccupations sociales et politiques : le spectre de la Première Guerre mondiale, les grandes affaires judiciaires et la découverte
de sciences nouvelles comme la psychanalyse. Les thèmes principaux trouveront cependant un écho dans les écoles littéraires du XXe siècle, tels le mouvement Dada et, surtout, le surréalisme.

                                                                                                     HORS-SÉRIE NRP LYCÉE ARTHUR RIMBAUD, LES CAHIERS DE DOUAI MARS 2017

mercredi 31 janvier 2018

Apollinaire : biographie

1880 : Naissance à Rome, de père inconnu et d’une mère polonaise de 22 ans, appartenant à une grande famille aristocratique.

Enfance en Italie, sur la Côte d’Azur et à Monaco.

1889 : Installation à Paris. Vie matérielle précaire.
Séjour de trois mois dans les Ardennes belges. Première et brève idylle amoureuse avec une nommée Maria Dubois.

1901 : Précepteur de français d’une fillette de neuf ans, séjour d’un an en Allemagne (Rhénanie). Guillaume tombe amoureux de la miss anglaise de l’enfant, Annie Playden. Voyages en Europe centrale durant lesquels Annie  s’éloigne de lui ce qui provoque son retour à Paris. Il choisit à cette époque son pseudonyme, forgé sur deux de ses prénoms : Guillaume Apollinaire.

1902 : Employé de banque mais s’adonne à de nombreux travaux et rencontres journalistiques et littéraires.

1903 : Premières publications. Part pour Londres dans l’intention de reconquérir Annie.

1904 : Second voyage infructueux en Angleterre. Annie bientôt partie pour l’Amérique lui échappe définitivement. 

1904-1905 : Rencontre et fréquente le peintre Picasso à Paris. Séjours en Belgique et Hollande. Publication de nouveaux poèmes, repris ultérieurement dans Alcools.

1907 : Rencontre Marie Laurencin, peintre à la mode. Leur liaison tumultueuse dure jusqu’en 1912  : « Pont Mirabeau »

1908 : Apollinaire s’engage dans la critique d’art et se range aux côtés des peintres de son temps 

1909 : Publication de nombreux poèmes qui figureront dans « Alcools », notamment « La Chanson du Mal-Aimé » et les poèmes rhénans.

1911 : La Joconde est dérobée au musée du Louvre. Une campagne de presse est déclenchée à propos
des voleurs d’oeuvres d’art. Apollinaire restitue des statuettes du grand musée parisien qu’un ami
indélicat lui avait offertes. Inculpé de recel, le poète est incarcéré pendant six jours. (voir « Zone » et
« À la Santé »)

1912 : Très éprouvé par l’épisode de la prison, Apollinaire l’est davantage encore par la rupture avec
Marie Laurencin.

1913 : Publication d’Alcools

1914 : Incorporation dans l’armée à la veille de ses fiançailles avec Madeleine Pagès. D’abord fasciné par le spectacle de la guerre, il en mesure vite les réalités en tant que fantassin.

1916 : Retour à Paris et à la littérature auprès des jeunes poètes se réclamant de lui (Reverdy, Breton,
Tzara).

1917 : Préparation de ses Calligrammes, poèmes-dessins. Représentation des Mamelles de Tirésias
qu’il baptise « drame surréaliste ».

1918 : Publication de Calligrammes. Mariage avec Jacqueline Kolb (la jolie rousse). Meurt des complications de la grippe espagnole.

samedi 11 novembre 2017

poème : essai de définition



poème : essai de définition


1. Pièce de vers caractérisée par l'application de règles prosodiques particulières. "Tandis que le fond unique est exigible de la prose, c'est ici la forme unique qui ordonne et survit. C'est le son, c'est le rythme, ce sont les rapprochements physiques des mots, leurs effets d'induction ou leurs influences mutuelles qui dominent, aux dépens de leur propriété de se consommer en un sens défini et certain. Il faut donc que dans un poème le sens ne puisse l'emporter sur la forme et la détruire sans retour; c'est au contraire le retour, la forme conservée, ou plutôt exactement reproduite comme unique et nécessaire expression de l'état ou de la pensée qu'elle vient d'engendrer au lecteur, qui est le ressort de la puissance poétique. " Paul Valéry

2.  Pièce de littérature affranchie de certaines de ces règles, mais qui en respecte d'autres qui la maintiennent dans ce genre.: "Un poème est un raccourci prodigieux pour arriver à mettre en trois pages ou quatre ce qui demande un volume à d'autres" (MALLARMÉ)

3. (par extension) Ouvrage littéraire retenant en lui ce qui définit essentiellement la poésie non associée à la versification. " Les Misérables sont un vrai poème"

4. (par extension)  Objet artistique littéraire ou autre, auquel on attribue l'idée essentielle de création, d'être : "Enfin, ce qui domine [dans la cathédrale de Chartres] (...) c'est l'idée maîtresse du poême, disposée ainsi qu'un refrain après chacune des strophes de pierre"

5. ( par métaphore) Avec une construction méliorative, pour exprimer ce qu'il y a d'essentiel dans une réalité : "Elle voulut lire un poème, le poème de son beau corps"

6. (par métaphore)  Avec une connotation péjorative.; souvent par ironie dans des locutions : "C'est tout un poème, c'est un vrai poème, quel poème!"

                                                                  Trésor de la langue française

Lyrisme, poésie lyrique


La poésie lyrique

"exprime le monde intérieur, les sentiments, les contemplations et les émotions de l'âme; au lieu de retracer le développement d'une action, son essence et son but final sont l'expression des mouvements intérieurs de l'âme de l'individu" Durrenmatt, Stylistique de la poésie


jeudi 26 octobre 2017

Devoir poésie : Lamartine, Florian, Jean de La Ville de Mirmont

TEXTE 1. Jean-Pierre Claris de Florian, « Le voyage » Fables, IV, 21 (1792)
Partir avant le jour, à tâtons, sans voir goutte,
Sans songer seulement à demander sa route,
Aller de chute en chute, et, se traînant ainsi,
Faire un tiers du chemin jusqu'à près de midi ;
Voir sur sa tête alors s'amasser les nuages,
Dans un sable mouvant précipiter ses pas,
Courir, en essuyant orages sur orages,
Vers un but incertain où l'on n'arrive pas ;
Détrempé vers le soir, chercher une retraite,
Arriver haletant, se coucher, s'endormir :
On appelle cela naître, vivre et mourir.
La volonté de Dieu soit faite !
TEXTE 2. Alphonse de Lamartine, « Les Voiles » poème publié en 1873 dans Œuvre posthume
Quand j'étais jeune et fier et que j'ouvrais mes ailes,
Les ailes de mon âme à tous les vents des mers,
Les voiles emportaient ma pensée avec elles,
Et mes rêves flottaient sur tous les flots amers.
Je voyais dans ce vague où l'horizon se noie
Surgir tout verdoyants de pampre et de jasmin
Des continents de vie et des îles de joie
Où la gloire et l'amour m'appelaient de la main.
J'enviais chaque nef qui blanchissait l'écume,
Heureuse d'aspirer au rivage inconnu,
Et maintenant, assis au bord du cap qui fume,
J'ai traversé ces flots et j'en suis revenu.
Et j'aime encor ces mers autrefois tant aimées,
Non plus comme le champ de mes rêves chéris,
Mais comme un champ de mort où mes ailes semées
De moi-même partout me montrent les débris.
Cet écueil me brisa, ce bord surgit funeste,
Ma fortune sombra dans ce calme trompeur ;
La foudre ici sur moi tomba de l'arc céleste
Et chacun de ces flots roule un peu de mon cœur.
TEXTE 3. Jean-Michel Maulpoix, L’instinct du ciel, Section III, 2000
Je suis cet homme tout bossué de sacs et de valises qui va et vient dans sa propre vie, avec des départs, des retours, portant au coeur des coups, et des bleus plein la tête, avec des cartables de cuir remplis de phrases et des serviettes bourrées de lettres, toujours rêvant de se blottir dans le sac à main d'une femme, parmi les tubes de rouge à lèvres, les miroirs, les photos d'enfants et les flacons de parfum.
Cet homme hérissé d'antennes essaie de capter son amour sur les ondes et tend vers lui des fils où il se prend les pieds. Cet homme-là ne sait pas auprès de qui il dormira le soir-même, ni en quel sens demain matin s'en ira la vie.
Tic-tac de l'encre et du désir... L'existence balance son pendule entre le côté des livres et le côté de l'amour, les tickets d'envol et les longues stations dans la chambre, le dos tourné et les bras ouverts, l'homme immobile et le piéton, celui qui ne croit plus au ciel et celui qui l'espère encore, celui qui fabrique des figures et celui qui veut un visage.
Il fut un temps où je poussais dans mes racines de par ici, ne connaissant des lointains que la rêverie et de la langue les mots les plus approximatifs. Mais j'ai quitté l'allée de buis et le petit jardin. Je ne m'alimente plus en eau par les racines mais par le ciel.
J'ai fumé la cigarette du voyage. Elle m'a piqué les yeux et fait battre le coeur plus vite. Elle a laissé sur mes retours et mes réveils un goût de tabac froid. J'ai toussé, j'ai perdu ma voix. J'ai deux grosses valises sous les yeux. Je suis un voyageur brumeux qui n'y voit plus très clair et qui croit encore nécessaire de s'en aller plus loin.
J’ai fui, j'ai pris le large. L'habitude surtout de n'être nulle part, en apnée dans ma propre vie. Portrait du poète fin-de-siècle en créature d'aéroport, avec cette tête bizarre qu'a l'homme des foules en ces lieux-là : cerveau de gélatine blanche, œil à demi ensommeillé tourné vers le dedans, mais de la fièvre au bout des doigts.
Je m'en suis allé de par le monde, à la recherche de mes semblables : les inconnus, les passagers, les hommes en vrac et en transit que l'on rencontre dans les aéroports et sur les quais des gares. Ceux dont on ne sait rien et que l'on ne connaîtra pas. Ceux que malgré tout on devine, à cause de leurs tickets, leur fatigue, leurs bagages. Ceux de nulle part et de là-bas, qui s'en vont chercher des soleils en poussant leur vie devant eux et en perdant mémoire.
TEXTE 4. Jean de La Ville de Mirmont, L’horizon chimérique, recueil posthume 1920
Vaisseaux, nous vous aurons aimés en pure perte;
Le dernier de vous tous est parti sur la mer.
Le couchant emporta tant de voiles ouvertes
Que ce port et mon cœur sont à jamais déserts.
La mer vous a rendus à votre destinée,
Au-delà du rivage où s'arrêtent nos pas.
Nous ne pouvions garder vos âmes enchaînées ;
Il vous faut des lointains que je ne connais pas.
Je suis de ceux dont les désirs sont sur la terre.
Le souffle qui vous grise emplit mon cœur d'effroi,
Mais votre appel, au fond des soirs, me désespère,
Car j'ai de grands départs inassouvis en moi.
Sujet :
I. Question commune: Comparez les conceptions du voyage qui s'expriment dans ces textes.
II. Au choix :
Commentaire : vous commentez le texte de Lamartine
Dissertation: Pensez-vous que la poésie soit une invitation au voyage ?
Invention: Deux lycéens confrontent leurs points de vue sur le rôle du voyage pour nourrir l'inspiration Poétique: l'un estime le voyage indispensable, l'autre lui oppose que l'on peut faire œuvre poétique sans avoir voyagé. Imaginez ce dialogue.


samedi 10 juin 2017

LA VERSIFICATION


Le décompte (la base de la versification) prend la syllabe pour unité.
 Il existe différents types de vers.
 Les plus courants sont « pairs », c’est-à-dire qu’ils sont formés d’un nombre pair de syllabes (six syllabes = hexasyllabe ; huit = octosyllabe ; dix = décasyllabe ; douze = alexandrin).
Toutefois, certains poètes, comme Verlaine, emploient des vers impairs (cinq syllabes = pentasyllabe ; sept = heptasyllabe).
Pour compter correctement les syllabes, il faut tenir compte de la règle dite des e muets : – on compte le "e" lorsqu’il est est entre deux  consonnes (il souffre alors il crie !)
 ; – on ne le compte pas lorsqu’il est placé devant une voyelle, ou bien lorsqu’il est en fin de vers. Exemple : « Demain, dès l’aub(e), à l’heur(e) où blanchit la campagn(e )» (Victor Hugo).
Dans ce vers, les trois "e" sont muets : les deux premiers sont suivis d’une voyelle, le troisième est situé en fin de vers.
 Les vers s’associent entre eux, selon une répétition  de sons dont la rime est la principale représentante.
On peut classer les rimes suivant leur richesse :
 – une rime est dite riche lorsque trois sons, au moins, sont en commun entre les deux vers : sombre/ ombre (son [ɔ˜] + son [b]+ son [], le e final étant muet)
 – une rime est suffisante lorsque deux sons sont en commun : orage/ ravage (son [a] + son [], le e final étant toujours muet)
 – une rime est pauvre si elle ne comporte qu’un son en commun : beau/ château (son [o]).
Plusieurs dispositions possibles :
 – les rimes plates ou suivies se succèdent selon le schéma aabb
 – les rimes croisées sont alternées et suivent le schéma abab
 – pour les rimes embrassées, les rimes externes encadrent les rimes internes selon le schéma abba.
 Il arrive que la rime soit remplacée par une assonance, c’est-à-dire la similitude d’une voyelle d’un vers à l’autre, mais avec une différence de consonne : dans le couple farine/ pastille, on a ainsi une assonance en i. L’assonance était pratiquée au Moyen Âge, et certains poètes modernes l’emploient de nouveau
. Exemple d’un vers comprenant une assonance en "ou" et une assonance en "a" :
 « L’élixir de ta bouche où l’amour se pavane » ,Baudelaire, Les Fleurs du Mal, 1857.

Attention, vous ne devez signaler une ASSONANCE (répétition de voyelles) ou une ALLITERATION (répétition de consonne) que pour asseoir, expliquer une signification.

Aucune remarque stylistique qui ne s'appuie pas sur une signification. 

 L’allitération, c’est-à-dire la répétition d’un son donné par des consonnes, contribue également à la musicalité du vers et aux jeux sur les sonorités.
 Exemple d’allitération en f :
 « Un frais parfum sortait des touffes d’asphodèles » (Victor Hugo, « Booz endormi », La Légende des siècles, 1859-1883).
Un vers correspond à une certaine diction. La manière dont les mots et syllabes s’enchaînent, dans le cadre du vers, donne le rythme du vers et donc celui de la poésie.

Au cabaret vert

Depuis huit jours, / j'avais déchiré mes bottines 4/8 + enjambement
Aux cailloux des chemins. / J'entrais à
Charleroi. 6/6 (deux hémistiches parfaits)
-
Au Cabaret-Vert : / je demandai des tartines 5/7 + enjambement
D
e beurre / et du jambon / qui fût à moitié froid. 2 (rejet) /4/6

5 Bienheureux, /j'allongeai les jambes
sous la table 3/9 + enjambement
Verte :/ je contemplai les sujets très naïfs 2 (rejet) /10 + enjambement
De la tapisserie. / - Et ce fut adorable, 6/6 ( deux hémistiches parfaits)
Quand la fille aux tétons énormes, / aux yeux vifs,
9/3 + rejet au vers 10 par dessus le vers9

9 - Celle-là, /ce n'est pas un baiser qui l'épeure ! -
3/9
Rieuse, / m'apporta des tartines de beurre,
3/9  
Du jambon tiède, / dans un
plat colorié, 5/6 (+diérèse ?)

Du jambon rose et blanc / parfumé d'une gousse
6/6 + enjambement
13 D'ail, /- et m'emplit la chope immense, / avec sa mousse
1 (rejet) /7/4 (contre-rejet) + enjambement
Que dorait /
un rayon /de soleil / arriéré. 3/3/3/3

Les vers longs, (décasyllabes et alexandrins), se partagent le plus souvent en deux hémistiches (moitié de vers), autour d’une césure (milieu du vers). 
Par exemple, regardez le "Cabaret vert"  La césure est alors une pause, un repos de la voix (qui peut correspondre à une reprise du souffle, mais n’est pas nécessairement placée à la fin d’un mot). Cette césure centrale donne donc un rythme binaire à l’alexandrin. Toutefois, certains poètes ne marquent pas la césure, et préfèrent donner un rythme ternaire au vers.
 « Toujours aimer, /toujours souffrir, /toujours mourir » (Corneille) est également un alexandrin, mais la césure, tombant sur le second « toujours », n’est pas marquée par la voix. Les virgules et la répétition de l’adverbe imposent de dire l’alexandrin en trois mesures de quatre syllabes chacune. Le vers est alors appelé « trimètre » : « Toujours aimer, / toujours // souffrir, / toujours mourir ».

D'autre part, le rythme est également donné par la correspondance, ou la discordance, entre le vers et la syntaxe (la phrase). En effet, un vers ne correspond pas forcément à une phrase. Lorsque la phrase se poursuit, il y a alors des phénomènes d’enjambement et de rejet. 

Formes poétiques fixes 


 Quelques poèmes à forme fixe :
 – le rondeau se compose de trois strophes et chaque strophe est formée sur deux rimes seulement ; 


Que me conseilliez-vous, mon cueur ?
Iray je par devers la belle,
Luy dire la peine mortelle
Que souffrez pour elle en doleur ?

Pour vostre bien et son honneur,
C’est droit que vostre conseil celle.
Que me conseilliez-vous, mon cueur,
Iray je par devers la belle ?

Si plaine la sçay de doulceur
Que trouveray mercy en elle,
Tost en aurez bonne nouvelle.
G’y vois, n’est ce pour le meilleur ?
Que me conseilliez vous, mon cueur ?

Charles D’ORLÉANS

– la ballade comporte trois strophes d’un même nombre de vers, fondées sur les mêmes rimes, plus un « envoi », strophe plus courte (la plus fréquente est formée de trois huitains d’octosyllabes et d’un quatrain) ;
Frères humains, qui après nous vivez,
N'ayez les coeurs contre nous endurcis,
Car, si pitié de nous pauvres avez,
Dieu en aura plus tôt de vous mercis.
Vous nous voyez ci attachés, cinq, six :
Quant à la chair, que trop avons nourrie,
Elle est piéça dévorée et pourrie,
Et nous, les os, devenons cendre et poudre. 
De notre mal personne ne s'en rie ;
Mais priez Dieu que tous nous veuille absoudre !

Se frères vous clamons, pas n'en devez
Avoir dédain, quoique fûmes occis
Par justice. Toutefois, vous savez
Que tous hommes n'ont pas bon sens rassis.
Excusez-nous, puisque sommes transis,
Envers le fils de la Vierge Marie,
Que sa grâce ne soit pour nous tarie,
Nous préservant de l'infernale foudre.
Nous sommes morts, âme ne nous harie,
Mais priez Dieu que tous nous veuille absoudre !

La pluie nous a débués et lavés,
Et le soleil desséchés et noircis.
Pies, corbeaux nous ont les yeux cavés,
Et arraché la barbe et les sourcils.
Jamais nul temps nous ne sommes assis
Puis çà, puis là, comme le vent varie,
A son plaisir sans cesser nous charrie,
Plus becquetés d'oiseaux que dés à coudre. 
Ne soyez donc de notre confrérie ;
Mais priez Dieu que tous nous veuille absoudre !

Prince Jésus, qui sur tous a maistrie,
Garde qu'Enfer n'ait de nous seigneurie :
A lui n'ayons que faire ne que soudre.
Hommes, ici n'a point de moquerie ;
Mais priez Dieu que tous nous veuille absoudre !

 • le sonnet est la forme qui a connu le plus de succès à partir de la Renaissance. Il se compose de deux quatrains (en rimes embrassées) et de deux tercets fondés sur deux autres rimes. Le schéma des rimes du sonnet est le suivant : abba abba ccd ede


Une beauté de quinze ans enfantine, *       a
Un or frisé de maint crêpe(1) anelet(2),(3)       b
Un front de rose, un teint damoiselet(4),    b
Un ris(5) qui l’âme aux Astres achemine ;   a
Une vertu de telles beautés digne,               a
Un col(6)de neige, une gorge de lait,            b
Un coeur jà mûr (7) en un sein verdelet(8),   b
En Dame humaine une beauté divine ;        a
Un oeil puissant de faire jours les nuits,     c
Une main douce à forcer les ennuis(9), **   c
Qui tient ma vie en ses doigts enfermée     d
Avec un chant découpé(10) doucement***  e
Ore (11) d’un ris, or’ d’un gémissement,      d
De tels sorciers ma raison fut charmée.       e
(Pour retenir : pensez au groupe de musique suédois, cessez, dédé)

Pierre de RONSARD, «  Une beauté de quinze ans enfantine »,  XVIII , Premier livre des Amours (1584/1587)

Variantes :
*1552 : « Un chaste feu qui les cœurs illumine » 1578 : « Une beauté qui dans les cœurs domine »
** 1552 : « Une main douce à forcer les ennuis »
*** 1552 : « offensé doucement »
    (1) Crespe : frisé, bouclé (2) anneau (3) de plusieurs petits anneaux frisés (4) damoiselet : de demoiselle, gracieux, délicat (5) un ris : un sourire (6) un col : un cou (7) mûr, c'est à dire capable d'aimer (8) verdelet : de vert, qui n'est pas mûr (9) à forcer les ennuis : capable de ruiner les ennuis, de les éliminer (10)d écoupé doucement : blessé doucement (11) or...or.. : tantôt...tantôt...
 ; • le pantoum, apparu au xixe siècle, est une forme fondée sur l’entrecroisement ; les rimes se croisent, le 2e et le 4e vers de chaque strophe deviennent les 1er et 3e vers de la strophe suivante, le 1er vers du poème est aussi le dernier. Le plus célèbre pantoum français est « Harmonie du soir » de Baudelaire.

Voici venir les temps où vibrant sur sa tige
Chaque fleur s'évapore ainsi qu'un encensoir ;
Les sons et les parfums tournent dans l'air du soir ;
Valse mélancolique et langoureux vertige !

Chaque fleur s'évapore ainsi qu'un encensoir ;

Le violon frémit comme un coeur qu'on afflige ;
Valse mélancolique et langoureux vertige !
Le ciel est triste et beau comme un grand reposoir.

Le violon frémit comme un coeur qu'on afflige,
Un coeur tendre, qui hait le néant vaste et noir !
Le ciel est triste et beau comme un grand reposoir ;
Le soleil s'est noyé dans son sang qui se fige.

Un coeur tendre, qui hait le néant vaste et noir,

Du passé lumineux recueille tout vestige !
Le soleil s'est noyé dans son sang qui se fige...
Ton souvenir en moi luit comme un ostensoir !

* L'ode : poème divisé en strophes semblables par le nombre et la mesure des vers.

Mignonne, allons voir si la rose
Qui se matin avait déclose
Sa robe de pourpre au Soleil,
A point perdu ceste vesprée
Les plis de sa robe pourprée,
Et son teint au vostre pareil.

Las ! voyez comme en peu d'espace,
Mignonne, elle a dessus la place
Las las ses beautez laisse cheoir !
O vrayment marastre Nature,
Puis qu'une telle fleure ne dure
Que du matin jusques au soir !

Donc, si vous me croyez mignonne,
Tandis que vostre age fleuronne
En sa plus verte nouveauté,
Cueillez cueillez vostre jeunesse :
Comme à ceste fleure la vieillesse
Fera ternir vostre beauté.
                                                      Pierre de RONSARD

La strophe 

Ensemble de vers séparé par un blanc constituant une unité poétique, à la façon d’un paragraphe dans un texte de prose. 
Le mot appartient, à l’origine, à la poésie lyrique : elle forme en effet une cellule rythmique reproduite à l’identique au fil du poème et peut, s’apparenter au couplet ou au refrain d’une chanson.

Un distique est une strophe de deux vers ;
 un tercet, de trois vers ; 
un quatrain, de quatre vers ; 
un quintil, de cinq vers ;
un sizain, de 6 vers
un septain, de 7 vers
un huitain, de 8 vers
un neuvain, de 9 vers
 un dizain, de dix vers. 
un onzain, de 11 vers, etc.
Une strophe est isométrique quand elle est constituée de vers égaux.
 Dans le cas contraire, (fréquent dans les Fables de La Fontaine) elle est dite hétérométrique.